C’est le Pérou!

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PEROU

Buenos Aires-Lima-Ica,

04 Juin 2011

 

Une journée difficile

Nous avons quitté Buenos Aires il y a cinq heures.

Nous passons la douane sans encombre malgré le petit sachet de feuilles de coca que nous avons gardé dans un sac en soute, involontairement, acheté à Tilcara pour une infusion jamais tentée, par oublie…

C’est ce qu’il ne faudra pas oublier d’ôter des nos affaires pour le vol vers la France !

Jacques a lu dans le guide-book qu’il ne fallait pas prendre n’importe quel taxi, au risque de se retrouver dépouillé au milieu de nulle part… Un homme avec un badge « taxi green » nous propose ses services dans l’aéroport. Il a l’air sympa. Nous le suivons.

Il nous conduit à la gare routière espérée et se propose de nous attendre le temps que Jacques s’enquîtes des billets. Au cas où ce ne serait pas possible avec cette compagnie (horaires non concordant, bus complet,…), il nous conduirait à une autre. Carrément gentil !

Jacques revient avec le sourire en banane. C’est gagné. Nous avons nos places pour dans une heure. Ce qui nous laissera le temps de prendre un petit sandwich sur place. Nous remercions vivement le taxi en allongeant la note. Il est très content. Nous aussi !

Le bus qui nous conduit vers ICA mettra autant de temps que l’avion qui nous a envolé jusqu’ici, à Lima.

Nous arriverons à destination dans la soirée (à ICA). Il fera probablement nuit.

Nous avons avancé nos montres de deux heures… ce qui nous éloigne encore un peu plus avec l’horaire de France. Désormais il faut compter sept heures entre nous.

Les paysages qui défilent se font de plus en plus pauvres. Ce que je vois est désolation.

Les maisons ont des toits de fortune et les murs sont en agglo brut. Souvent, la ferraille sort encore des quatre coins. Les bidons villes entourent la ville de Lima.

J’aperçois au loin la mer, puis des dunes, immenses et longues qui longent la côte.

Les plages semblent avoir été abandonnées comme après une tornade. Des cabanes cassées gisent sur le sable brun. Et d’étranges granges plantées en parallèle m’intrigue… qu’est-ce qu’on peut bien faire là dedans, sur une plage ?… le mystère demeure jusqu’à ce que le bus passe juste à côté de quelques une, la où la route s’est rapprochée du bord de mer. Et qu’est-ce que je vois ?… des poules !

Là où nous aurions fait des restaurants, de belles paillottes, voire même des propriétés privées inaccessibles, étalés des Sun-bed un peu partout, et posées ça et là quelques discothèques, là, précisément, il y a des poules, des tas de poules entassées, enfermées dans ces longues granges bâchées. Certaines sont même encagées. Si elles ne savaient pas vraiment voler, elles ne doivent plus savoir marcher non plus… Bon, il ne faudra pas compter manger du poulet fermier au Pérou !

« Le 15 août 2007, un tremblement de terre a détruit une grande partie de la ville de Pisco et de ses environs…800 morts en trois interminables minutes… ». Les secousses ont été ressenties pendant deux minutes à Lima, à plus de deux cent kilomètres de Pisco.

Voilà ce qui explique en partie la désolation des lieux à certains endroits, en plus des bidonvilles étendus sur les petites collines qui glissent lentement vers la mer. J’imagine le carnage sur la côte si un raz-de marée devait s’y répandre… emportant toutes ces frêles cabanes et leurs millions d’habitants !

C’est ce que prévoient les scientifiques, un jour, l’épicentre se situera en mer, en face de la capitale…

Nous nous sommes souvent posés la question, que faire en cas de tremblement de terre, où aller, quelle attitude suivre ?

Nous avons pu constater, dans les hôtels et dans les rues, des marques de peinture sur les piliers et sur les murs (souvent des S comme Seïsme), indiquant l’endroit où se réfugier en cas de secousses. Mais la plupart sont probablement fantaisistes car les contrôles ne sont pas fiables.

On nous a conseillé les encadrements des portes, ou bien la rue, loin des immeubles et des chutes d’objets !

Les gens vivent avec, pourquoi pas nous ?

ICA

Laguna Huaca China

 

Lorsque nous découvrons l’hôtel il fait nuit. Mais quelle récompense après cette dure et longue journée de transport.

La chambre est vaste, très propre, les lits des enfants sont séparés du notre avec une demi-cloison. Quelques pas nous conduisent dehors, sous le porche où nous prendrons le petit déjeuné dès demain matin, des lumières se diffusent discrètement sous le planché qui borde la piscine. Tout autour se succèdent de petites chambres et des patios. C’est vraiment très joli. L’hôtel Suiza a tout pour plaire, sauf peut-être les gérants à la peau blanche qui ne sont pas franchement souriant. Quand au personnel, local, c’est tout le contraire !

Demain nous irons à l’assaut de la dune.

Le soleil se lève tard, dissipant lentement la brume paresseuse. Nous découvrons avec une immense surprise ce que la nuit nous cachait la veille. L’hôtel est collé à la dune immense qui fait front devant nous, si proche qu’on pourrait croire qu’il se fera bientôt engloutir par celle-ci. Nous apprendrons plus tard, lors d’un déjeuné sur la lagune que les vents soufflent toujours dans le même sens, vers l’ouest, coiffant le sable du même côté, inrrémédiablement.

De même, nous découvrons l’oasis Huaca China avec bonheur. Un large trou d’eau verte forme un petit lac autour duquel s’est construite cette oasis au cœur de ce désert en miniature. Des dunes gigantesques nous entourent.

Il n’y a ici que des petits restaurants et des auberges, quelques hôtels avec des piscines, c’est ce que nous apercevons nettement du haut des quatre-vingt mètres de la dune où nous nous sommes hissés en cette fin de journée, pour en apprécier le coucher du soleil.

Ici pas d’escalier comme sur la dune du Pilat, on se fraye un chemin en suivant quelques traces, au hasard des grains de sables déplacés par les surfeurs. Oui, ici on fait aussi du Sand Bord et il faut être courageux parce qu’il n’y a pas de remontée mécanique non plus !

Le matin les enfants se sont trempés dans la piscine car le soleil est vraiment généreux, nous baignant dans une trentaine de degrés.

C’est parfait.

Le soir l’oasis se réveille, laissant les bords du lac aux amoureux, bercés par le rythme des djumbés un peu plus loin, et des tresseurs de bracelets qui s’installent sur l’unique chemin qui fait le tour de la lagune. Il flotte ici un parfum de bohème tranquille dans lequel on se sent bien.

L’hôtel propose des Pisco Sur de la casa, LE cocktail frais de Pisco Sur, un délice qui nous replonge au Chili !

Jacques se fait plaisir. Il a réservé un tour en buggy pour demain. Pour nous quatre. Je ne suis pas sûre que cela soit du goût de Charlotte… de faire des houlà hop sur les dunes.

Arthur, lui, sera ravis de se tour de manège en grandeur nature !

Nous revoilà tout en haut de la dune qui surplombe notre hôtel, entre autres.

La robe du matin colore les dunes vivement. Nous sommes en Afrique, à Chinguetti, au milieu des dunes de sables majestueuses, comme il y a douze ans, un bout de Sahara.

Mais là, ce ne sont pas les dunes à perte de vue. Nous dominons tout l’oasis dont le cœur verdâtre brille comme une pierre précieuse.

Le buggy nous attend pour 16h. Nous devions être avec un groupe mais il n’y a plus assez de place, nous refusons de prendre Charlotte sur nos genoux. Du coup, on nous attribut un petit buggy, rien que pour nous, quatre places plus le chauffeur, un petit bout de bonhomme tout en train qui parle beaucoup et se donne bien du mal pour mettre Charlotte dans l’ambiance. Le véhicule est on ne peut plus sommaire. Le moteur est visible car il n’y a pas de capot. Il n’y a pas de carrosserie d’ailleurs, seulement des tubes d’aciers et des harnais de sécurités.

Le véhicule accélère à plein régime pour escalader la première dune. Charlotte blêmit, se cramponnant à mon bras. Elle ne dit rien, pour le moment. Arthur fait des « houa et des allez, allez ! » qui blanchissent encore davantage sa sœur. Le véhicule tente quelques montagnes russes et là s’en est déjà trop. Mon bras se broie sous ses petites mains. Charlotte gémit pour finalement se mettre à pleurer. Nous tentons de la rassurer tant bien que mal. Le chauffeur ira moins vite désormais, au grand désespoir d’Arthur ! Nous marquons une première pause au sommet d’une petite vague. L’homme des sables sort trois Sand Bord (surf des sables) de l’arrière du buggy et là c’est moi qui blêmit…je ne sais pas faire de surf…n’y aurait-il pas des skis plutôt ?… Allez Jack, vas-y, montre nous !…il n’en a jamais fait non plus… Arthur et Jacques scratchent leurs pieds dans les lanières et tentent une première descente sans encombre.

Ils sont contents parce qu’ils recommencent ! Plusieurs fois. Le chauffard me fait signe. Il tient une planche dans sa main. Je me retourne, espérant que quelqu’un se trouve derrière moi pour répondre à cette invitation. C’est vain. C’est pour moi. Mais pourquoi frotte-il un cierge au dos du surf à présent ? Faut-il que je fasse une prière ? Non, c’est pour aller plus vite dit-il ! …aaah !

Il présente le surf face à la pente et mime la façon dont je dois procéder.

S’allonger à plat ventre dessus, les coudes pliés, le buste relevé sur la planche et les mains entortillées dans les lanières. Je m’exécute. Et hop, c’est parti pour quelques secondes de glisse !

Plutôt pas mal ! J’avoue.

Nous remontons dans le buggy, fins prêts pour affronter d’autres vagues de sable, de plus en plus grosses. Charlotte a repris un peu confiance depuis que le guide y va moins fort avec la pédale d’accélérateur, mais tout de même, il parvient à nous surprendre plusieurs fois en faisant piquer du nez le véhicule sur les pentes les plus abruptes des dunes, en douceur. Arthur et moi nous relayions pour parler avec Charlotte de choses et d’autres pendant que le buggy tanguait sur cette mer étonnante. Ca marchait ! Puis on lui disait : « regarde, regarde où tu viens de passer, super non ? », « hein ? » répondait-elle en voyant l’exploit, de ce « hein » qu’on lui connait quand son frère lui annonce qu’on traverse un nuage alors qu’on est en plein vol (référence à la première vidéo sur Le Départ « C’est parti ! »)…

Nous nous arrêtâmes une seconde fois, en haut d’une dune trois fois plus haute que la première. Et Jacques et Arthur debout sur leur surf et moi allongée, et un petit coup de cire en dessous…et hop ! Géniaaaaal ! Charlotte a tout filmé… enfin je crois.

Notre séjour à la Laguna Huaca China, à dix minutes d’Ica, restera une petite étape marquante et joyeuse.

Encore une fois nous avons le sentiment d’être privilégiés car il y a peu de monde. Pourtant je ne suis pas si sûre que nous soyons hors saison pour cet endroit du Pérou…ou bien les touristes sont ailleurs, ou bien ils ne sont pas encore arrivés.

Notre prochaine étape est à deux heures de bus d’ici.

Nous quitterons la lagune par le bus de midi, le lendemain, pour Nazca et les lignes mystérieuses.

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Un commentaire to “C’est le Pérou!”

  1. fanfan dit :

    Chacha,j’espère que tu as bien filmé ces fous qui font du surf sur le sable!
    pays extraordinaire avec son lot de surprises et vous,les mich,vous êtes toujours dans les bons coups.C’est génial
    Bonne continuation et des gros bisous

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