Puno et le Lac TITICACA

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PEROU

PUNO, Lac TITICACA 

Juin 2011

Arequipa,

13 juin

Jacques est sorti sous la nuit avec Arthur pour commander les sandwiches du pique nique dans le bus pour demain. Pendant ce temps, je m’active avec Charlotte pour boucler les « valises ». C’est toujours mieux de tout ranger la veille.

Une fois la commande effectuée, ils se mettent secrètement en quête d’un restaurant pour ce soir.

« Celui-ci sera parfait ! »

 Arthur fait des bons de joies en répétant à son père: « qu’est-ce que je dois dire pour qu’elle en s’en doute pas ?»

-Rien, il n’y a rien à dire, faire comme si tout était normal, nous avons trouvé un restaurant banal et très local comme nous en faisons souvent. Avec un menu qui nous semble intéressant.

-Tu crois qu’elle va nous croire ?

-Oui.

 

Je regarde ma montre et je commence à m’inquiéter. Il y a peut être la queue aux sandwiches mais quand même… A peine eu-je terminé cette pensée que j’entends la sonnette avertir la gardienne que quelqu’un veut entrer. Ce ne peut être qu’eux.

Ce sont eux.

-Alors ?

-C’est bon. J’irai les chercher demain matin à dix heures.

-Parfait.

-Vous êtes prêtes pour aller manger ?

-Ca y est, j’ai bouclé mon sac. Tu as trouvé quelque chose pour ce soir ?

-Oui, mais rien de spécial. Il n’y a pas grand-chose mais le menu est sympa.

-Ouaip c’est comme on fait d’habitude quoi ! s’exclame Arthur.

-Ah, dis-je, un peu déçu. J’aurai bien aimé un bon verre de vin ce soir… et aussi un Pisco Sour en apéro…

-Il y aura sûrement du Pisco Sour mais ça ne sera pas dans un super carde.

-Pas grave, concluais-je, on est au Pérou, c’est déjà un cadre exceptionnel !

Nous voilà partis.

Et quand nous arrivons devant le restaurant c’est la surprise.

Table en bois, petites bougies, du monde attablé, un accueil chaleureux. Tout pour plaire.

Notre table est à l’étage, avec une vue sur les lumières de la ville.

Pisco Sour, bon vin (nous avons choisi un vin Chilien pour l’occasion), … une soirée mémorable avec des enfants adorables !

Mais où as-tu dégoté ça ?

Dans les adresses « chic » du routard…

Nous éclatons de rire.

Mardi 14 juin.

Départ pour PUNO

Gare d'Arequipa, en attendant le bus vers Puno.

Nous avons du mal à trouver un taxi.

Celui qui s’arrête en premier a une énorme bombonne de gaz dans son coffre (c’est une voiture au GPL). Nos deux sacs ne rentrent pas.

Le deuxième c’est le bon. Il nous dépose à la gare routière vers 10h.

Le bus arrivera presque une heure après.

Nous partons pour six heures de route. Nous sommes à l’étage. Nous avons les places devant.

Le cauchemar peut commencer.

Il fait chaud, très chaud. La ventilation ne marche pas. C’est bête car nous sommes assez couverts en prévision de températures plus fraiches qui nous attendent sur le quai de Puno. Et nous sommes devant, le soleil en face…

Cinq minutes après que le bus ait démarré, un homme en costume se met à parler. Nous pensons que c’est un membre de la compagnie à son accoutrement. L’homme semble vendre quelque chose. Il distribue des sachets à qui veut bien. Nous refusons. Puis son discours s’étend sur des idées fixes qui ressemblent à de la propagande plus qu’à de la publicité pour des produits « naturels ». Il dénonce les aliments graisseux, les poulets aux hormones et tout un tas de choses qu’il ne faut pas consommer. Il répète plusieurs fois les mêmes phrases. Il ne parle plus. Il crie. La plupart des gens ont enfoncé les écouteurs de leur mp3 dans leurs oreilles, dont Arthur fait parti ! Et les autres ont commencé à dormir. Mais notre laveur de cerveaux continue de plus belle !

Je regarde ma montre et je me demande quand est-ce qu’il respire. Ca fait une demi-heure qu’il nous casse les oreilles, sans faire une pause entre ses mots. Il rabâche un discours bien rodé.

Je rêve de lui mettre le reste de mes mouchoirs en papier entre les dents !

Je n’en peux plus. Je me lève et je descends, bien déterminée à parler au chauffeur, même si c’est interdit ! C’est ce qui se passe qui devrait l’être.

Un homme se tient debout dans les escaliers, portant le même costume que notre moulin à parole. En voilà un autre… « Est-ce que cet homme va parler toute la journée », lui demandais-je ?

-« non, encore quelques minutes », me dit-il. Je lui passe devant pour aller aux toilettes. Là, il ne faut pas être regardant… vraiment pas du tout. Je vous passe les détails…

Quand je remonte l’homme parle toujours et il parlera, montre en main, je vous assure, PENDANT UNE HEURE ET DEMIE ! J’ai les nerfs en pelotte, et quand Arthur me demande comment je fais pour supporter ça je réponds que je travaille ma patience…Je me dis que cet homme est capable de parler pendant six heures et que je ne pourrai pas travailler ma patience tout ce temps…

Heureusement, le bus s’arrête et l’homme qui vendait des sachets NESTLE avec de la poudre blanchâtre dedans s’en alla. Quel boulot ! J’espère au moins qu’il est bien payé pour ça !

L’heure suivante fut calme. Enfin. Nous nous remettions gentiment de cette pollution surnaturelle.

Les heures passèrent lentement et je bondissais chaque fois que quelqu’un transformait son téléphone en transistor, considérant que tout le monde avait envie d’en profiter.

Charlotte parvient enfin à s’endormir une heure avant notre arrivée.

Elle fût réveillée en sursaut par une grosse dame qui avait subitement allumé sa mini télévision portable diffusant le dernier épisode de Santa Barbara version locale, persistante, car un mot sur deux se perdait dans des grésillements insupportables. Elle ignora mes regards la fusillant…

Bref, vous l’aurez compris, nous sommes un peu fatigués de ces  longs trajets en bus…

Puno ou Le lac Titicaca

 

tuc-tuc!

Nous arrivons enfin.

Il est 17h30.

En sortant de la gare nous trouvons un taxi tout de suite.

Il nous conduit à l’adresse que Jacques lui indique pour cinq soles.

Les chambres sont grandes et très propres mais…glaciales.

Il fait nuit. Nous n’avons pas le courage de partir à la recherche d’un hôtel un peu plus « caliente ».

Demain matin nous ferons cette chasse. Mais pour l’heure nous allons nous doucher, manger et nous coucher ! Il faut que cette journée se termine.

Demain sera nouveau.

Puno est une ville dynamique entourée de montagnes pelées situées sur les rives du Lac Titicaca.

Puno est surtout le port d’embarquement pour l’ïle de Taquile et les îles Uros, les îles flottantes.

Et nous sommes là pour les visiter.

Le Lac TITICACA

 

C’est le lac navigable le plus haut du monde. Il est situé à 3 810 mètres d’altitude. Il est né il y a 65 millions d’années avec la rencontre entre l’Amérique du sud et la plaque océanique du pacifique. Ce choc créa les Andes et emprisonna une lagune. Une partie de cette lagune s’évapora, créant le salar d’Uyuni en Bolivie. La partie la plus profonde est l’actuel Lac Titicaca, situé au centre d’un gigantesque bassin : l’altiplano.

Titikaka, en kechua, signifie « puma gris ».

Quand on regarde la carte géographique du Lac à l’envers, on peut y voir un grand puma courir après un lapin.

Les Iles flottantes ou les îles Uros.

les îles Oros, Pérou.

Nous avons choisi l’excursion à la journée.

Un break passe nous prendre devant l’hôtel à 6h45 et nous dépose quelques minutes plus tard sur le quai d’embarquement.

Le bateau se rempli petit à petit d’anglais, de suisses allemands, de brésiliens et de français.

Nous partons pour les îles flottantes. Le nom a quelque chose d’irréel, et pourtant…

Après vingt minutes de navigation « tranquille », nous débarquons sur un tapis de jonc séché épais sur lequel est posé trois maisons en paille. Nous sommes sur une île flottante.

Les îles flottantes son faites de « totora », une sorte de roseau avec lequel les Aymaras (habitants des îles flottantes) font beaucoup de choses. Plusieurs couches superposées de roseaux constituent un sol épais et moelleux. La partie immergée se compacte en une sorte de motte terreuse, c’est le flottant. Le tout forme un tapis de paille qu’il faut entretenir tous le deux mois (si on ne veut pas passer à travers…).

Ces roseaux sont plantés sur les îles même, puis coupés pour fabriquer des maisons, des bateaux (magnifiques !), des barques, des îles. On le cueille aussi pour sa racine comestible, utilisée pour le bétail comme dans leur propre alimentation. La partie blanche à la base a un petit gout sucré.

Arthur s’en est régalé !

Nous découvrons un univers insoupçonné.

Les îles sont « attachées » les une avec les autres et semblent se dessiner en un large demi-cercle.

Je devine seulement celles qui sont en face.

Chacune d’elle abrite plusieurs familles avec un chef de clan.

Plusieurs centaines de personnes habitent cette soixantaine d’îles dont les plus grandes contiennent des édifices publics, comme des écoles… les enfants s’y rendent eux-mêmes en barque, à la rame.

Ici, pas de magasin, le mot n’existe pas, pas de restaurant, quelques panneaux solaires pour un peu de lumière, ce qui remplace depuis peu la bougie et limite les risques d’incendie. Pas de cinéma mais un petit écran en noir et blanc dans la case du chef, pas de four micro onde mais une plaque de terre cuite sur laquelle on pose le foyer qui fera mijoter la marmite. Là encore, c’est le roseau qui sert de combustible. Rien que le clapotis de l’eau léchant la paille séchée, le craquement des embarcations ficelées de mains de maître glissant lourdement sur une mer d’huile à la force des hommes. Le tableau est saisissant. J’aurai bien aimé passer la nuit ici, blotti dans une paillote à écouter la vie s’écouler tranquillement comme une mélodie parfaite. Mais une nuit seulement…je n’ai pas vu les toilettes… et il n’y a pas d’arbres pour se cacher…peut-être font-ils un trou dans la paille… ?

La pêche, la chasse (aux canards), la culture d’une sorte de haricot (sur les îles encore) et le tourisme qu’ils administrent eux-mêmes, sont leurs uniques moyens de subsistance. L’eau du lac est très peu salée. Ils la font bouillir pour la consommer.

Les Aymaras fabriquent de petits objets avec ce jonc, ce roseau qui est toute leur vie. Des corbeilles à fruits en forme de barque, des pendules décoratifs, des bijoux, des tableaux tissés représentants la vie quotidienne ou bien les coutumes,… Les femmes portent de larges jupes unies de couleurs vives, les hommes sont en pantalon foncé, chemise blanche et un gilet coloré.

Nous visitons un mode de vie unique dans un cadre magnifique.

Nous quittons les îles flottantes (impossible désormais de manger une île flottante sans penser à celles-ci) sous les chansonnettes des femmes, pour l’île de Taquile, à deux heures et demie de là.

L’une d’elle me pris par la main, me demanda « d’où viens-tu ? », « Francia », dis-je, puis elle me chanta « sur le pont d’Avignon, on y danse… » à la perfection… ! Elle m’embrassa sur la joue. Je fis de même.

Nous partîmes.

Notre embarcation n’est pas en paille mais le moteur tourne très lentement.

L’île de Taquile est comme un coquillage posé sur un drap de satin bleu.

L'île de Taquile, Pérou.

Elle ressemble aux calanques de Marseille sans les bateaux, à Porquerolles sans les plages, à une île comme il n’y en a plus. Des murs en pierre sèche qui libèrent les moutons, quelques poules qui font fuir les mouettes, des petites maisons qui sentent bon la terre, des lopins de maïs qui chuchotent au passant, des femmes enroulées de tissus colorés transportant un lot de coutume, un fagot de bois, plusieurs kilos de pommes de terre, un enfant.

Quelques barques se retiennent sur la rive où le pêcheur démêle son filet.

Nous montons le souffle court sur le chemin empierré, posant sous les arches de granit nos ombres éphémères.

Nous sommes à 4000 mètres d’altitude.

Le guide nous explique les plantes et nous accompagne jusque dans la courette d’une grande maisonnette. Quatre individus tout de tradition vêtus se mirent à danser la moisson timidement pendant que dans la cuisine on s’activait pour nous préparer « l’almuerzo » (le déjeuné). Quelques danses se succédèrent auxquelles nous fûmes invités.

Après ce simple et somptueux repas, nous nous rendîmes sur la place principale du village où se donnait une grande fête. L’équivalent de notre week-end de pentecôte se déroulait ici même. Quelle chance nous avions de pouvoir assister à cela.

Les 1500 habitants de cette île se sont rassemblés sur la place centrale. Tous portent des costumes traditionnels. Des groupes de femmes dansent au rythme des « charango » (petite guitare) et des flûtes de Pan, d’autres défilent en portant la  « Pachamama » sur leurs épaules, la Terre Mère, incarnation de la vierge Marie, baignée de la fumée des encens purificateurs.

Nous avons acheté des crayons de couleurs en partant de Puno dans le but de les offrir aux enfants de l’île de Taquile. Mais sous quel motif en fait ? Est-ce parce que nous nous sentons démunis de les voir si démunis ? A tors, car ils ne le sont pas. Ils ont une vie différente de la notre mais ils la revendiquent. Les costumes portés ne sont pas des déguisements de foire pour nous faire plaisir. Nous assistons aux scènes de leur vie quotidienne. Que nous soyons là où pas n’y change rien.

Les ressources des habitants du village sont en grande majorité réparties selon les besoins de chacun.

Il n’y a pas d’électricité, pas de route, pas de véhicule, pas de police… mais une coopérative sur la place qui vend un artisanat original. Il est également possible de dormir chez l’habitant contre quelques soles. Paradoxalement, le tourisme (qu’elle contrôle entièrement) permet à la communauté de Taquile de préserver son mode de vie. Alors pourquoi favoriser une mendicité encore limitée avec des crayons ou des soles, contre quoi ? Et pourquoi ?

Aurions-nous honte de ce que nous sommes, de ce que nous avons ?…

En partant j’ai acheté des bracelets tressés à une enfant.

S’il y a bien un endroit au Pérou totalement déconnecté du monde moderne, il est ici.

Le retour fût propice aux « échanges internationaux ».

C’est qu’il y a quatre heures de bateau « à tuer »… jusqu’à Puno.

Alors on papote, on échange nos visions, on se détend à l’arrière du bateau sous les derniers rayons de soleil, on ne s’imaginerait pas vivre autrement.

Pour notre dernier jour à Puno, nous avons décidé de faire une petite sortie, après le déjeuné, vers les miradors (point de vue) du centre de la ville. Un bon nombre de marches nous y conduisent. De là nous apercevons le Lac Titicaca et l’étendue fascinante des constructions. Un savant mélange de couleur et de bâtiments en brique inachevés offrant néanmoins un tableau étonnamment harmonieux.

Cela ressemble à un cahot organisé…et figurez-vous que c’est très beau !

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4 Commentaires to “Puno et le Lac TITICACA”

  1. fanfan dit :

    Que le Pérou est beau! Vraiment

    Profitez bien des quelques jours qui vous restent.

    Gros bisous de Meyreuil

  2. BOUCABEIL Mireille et Gilles dit :

    Merci de nous avoir fait rêver tout au long de votre voyage.
    Nous vous avons suivi partout, et avons maintenant une foule de questions à vous poser !!!!!!!
    Et particulièrement sur le Pérou ( qui est un projet que Mireille aimerait mener à bien aussitôt que possible).
    Profitez bien jusqu’au bout: il sera toujours temps de rentrer.

    Il nous tarde maintenant de vous revoir et nous nous faisons une joie de nos retrouvailles prochaines à Vinon le 9 Juillet.
    On vous envoie de grosses bises à tous les quatre .
    Mireille et Gilles

  3. famille guarinos dit :

    Salut c’est Vincent j’ai hâte de te revoir à l’école Arth et j’espère que vous avez eu mes messages.
    Gros bisous à tous les quatre .

    Vincent

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