Rêve au Machu Picchu

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PEROU

MACHU PICCHU

22 juin 2011

 

Je me suis assoupie sur l’herbe des terrasses ensoleillées, face aux ruines, absolument divines, abandonnées par ses habitants. J’entendis les premiers mots en français d’un guide racontant l’histoire des pierres et des ces hommes qui les ont façonnées avec tant de précision.

Tout est bâtit ici selon la grande trilogie du Soleil, de la Terre et de l’Eau.

Environ 1800 personnes vivaient là au temps de sa splendeur.

Absorbés par le déroulement du temps et le cycle des astres, les Incas du Machu Picchu observaient le ciel et les étoiles et connaissaient parfaitement les dates des solstices. Cela leur permettait d’organiser des cérémonies rituelles en l’honneur du Soleil à dates fixes, chaque année.

Cité Inca éloignée du pouvoir central de Cusco, résidence secondaire des souverains Incas, capitale du neuvième empereur Inca (Pachacutec) ou lieu de culte consacré au Soleil ? Le mystère demeure.

Les archéologues s’entendent sur le fait que le site fût abandonné pendant trois siècles, malgré la connaissance de son existence par les espagnols qui s’en désintéressèrent.

Mais nous pouvons imaginer aujourd’hui l’organisation et le développement du village à travers les garnisons, les greniers, les cultures en terrasse et les aqueducs avec un système d’écoulement d’eau pour faire face aux fortes pluies qui peuvent tomber sur la région.

Cette splendide et mystérieuse ville morte fut redécouverte par l’américain Hiram Binham en 1911, alors qu’un couple d’indiens y avait élu domicile et cultivait les terrasses pour survivre. La cité était alors partiellement recouverte par la végétation.

Moi, je serai restée là des heures durant, et bien plus que ça… alors pourquoi les Incas sont-ils partis ?

On dit qu’ils abandonnèrent la cité en 1534, de peur qu’elle ne tombe entre les mains des conquistadores Espagnols qui faisaient déjà des ravages à Cusco.

Les habitants fuyaient le Machu Picchu pour se réfugier à Vilcabamba ou Choquequiau, d’autres cités Incas à 70 kilomètres à l’ouest du Machu Picchu, encore plus inaccessibles.

Mais là encore, pas de certitude, puisque les conquistadores Espagnols basés à Cusco ignorèrent le site pendant trois siècles…

Je pensais que les Incas construisaient leur village dans le flanc des montagnes pour être plus près des Dieux, plus proche du Soleil, mais peut-être était-ce surtout pour être « tranquille »…

Sur les terrasses du Machu Picchu

Tranquilles…nous le sommes, allongés sur l’herbe de l’une des terrasses qui introduit le chemin vers le Pont des incas dont nous revenons. Nous avons abandonné l’idée de l’ascension vers le sommet du Wayna Picchu, trop fastidieuse pour Charlotte, et les enfants sont fatigués par le rythme soutenu qu’ils ont dû tenir pour être ici.

Au Pérou, tout se mérite.

Nous avons quittés Cusco la veille au matin par un bus de 10h, laissant nos gros sacs en consigne (gratuit) à l’hôtel, chargés du minimum pour deux jours.

Le bus nous arrête pour une première visite sur le site archéologique le plus fascinant de cette vallée sacrée des Incas, sans doute du fait de « son cimetière » incrusté dans la paroi, surplombant d’immenses terrasses en arc de cercle aux murets anti-érosion, en harmonie complète avec la montagne. Quelques belles ruines, indéniables traces Inca, au sommet de la nécropole de Hanan Pisac. Et, posé au pied de la montagne, le village de Pisac (à 32 km de Cusco) baigné par le rio Urubamba.

Après une pause de quarante cinq minute pour le déjeuné, nous repartons vers Ollantaytambo et la forteresse Inca inachevée.

Il s’agit d’une imposante forteresse qui surveillait le chemin du Machu Picchu.

Une tête Inca taillée dans la montagne d'Ollantaytambo

Les Incas n’ont pas eu le temps de la terminer avant l’invasion victorieuse des conquistadores Espagnols, mais on peut aisément imaginer la grandeur et la splendeur que cela aurait été. Depuis le haut des terrasse on aperçoit le profil d’une tête Inca sur le relief de la montagne d’en face. Au solstice d’hiver, le soleil éclaire cette sculpture dès le premier rayon.

Le bus nous abandonna sur la pace d’Ollantaytambo, et s’en alla raccompagner la moitié du groupe à Cusco. Notre chemin se tourne vers Machu Picchu.

Ollantaytambo est le seul village Péruvien qui ait conservé intact le plan de la ville Inca.

Il est entièrement construit sur les soubassements d’origine, en pierre, sans avoir subit aucune modification sur le tracé des rues. Les ruelles pavées sont toujours sillonnées de la rigole originelle d’évacuation des eaux.

Et quand la nuit tombe, les lumières ocre sur les pierres diffusent un parfum de poussière humide qui me rappelle les ruelles de mon village d’enfance du mois d’août. Ca sent bon la pierre et le temps apaisé de l’histoire. Dommage que nous n’ayons pas prévu de passer la nuit ici, sentir la présence de la forteresse à travers l’obscurité silencieuse, et la redécouvrir au soleil levant comme un enfant n’ayant jamais grandit.

Mais le train passera à 21 heures.

Nous dînerons à Ollantaytambo dans une somptueuse demeure où le chef jongle avec ses marmites. Tout un art à moindre coût.

Le train nous dépose à Aguas Calientes. Les enfants se sont endormis. Nous aussi. Il est 22h35.

Un train dans la ville. Aguas Calientes

Quelqu’un nous attendait sur le quai avec une pancarte à notre nom. Nous le suivons jusqu’à l’hôtel que le tour à réservé pour nous (c’est dans la formule). Je n’ai pas trop le temps de réaliser ce qui m’entoure. Je crois que le train passe dans la ville. C’est joli.

Nous nous couchons avec hâte. Le réveil sonnera à 5h du matin.

Il est 5h30. Nous nous levons enfin, non sans mal.

Le gars de l’hôtel est venu toquer à la porte de notre chambre plusieurs fois, sans succès.

Nous seront devant un café, lait et quelques tartines vite tartinées à 6h.

Jacques s’en va un peu précipitamment pour acheter les billets de bus pour le Machu Picchu, situé à vingt minutes d’Aguas Calientes. Mieux vaut partir très tôt, tous le disent, mais pourquoi ?

Il faut être les premiers sur le site pour voir le levé du soleil ou pour faire partie de la première « fournée » qui aura le droit de grimper au sommet du Wayna Picchu ou bien de pouvoir s’inscrire pour la deuxième (vers dix heures).

Nous ne savon pas encore si nous allons faire cette ascension. Les enfants sont bien fatigués par ce rythme, surtout Charlotte. Et il est écrit que c’est si raide parfois qu’il faut s’aider d’une corde pour atteindre le sommet.

Le soleil brûle mes jambes à travers le jean. Charlotte s’est assoupie à ma gauche, Arthur n’était pas loin. Malgré les interdictions de toute part, nous avons aperçu des gens pique-niquer ça et là, discrètement, car les gardiens veillent et sifflent si vous dérapez… Nous regrettons  d’avoir été aussi sages. Mais Charlotte et Arthur auront eu leur dose de gâteaux secs et de chips quand même.

Le site est grand mais pas autant que celui des Chutes d’Iguazu et je constate avec un vrai bonheur qu’il n’y a pas tant de monde que ça. L’endroit reste d’un paisible insoupçonné et inattendu. Avons-nous eu de la chance, est-ce un jour de moyenne affluence ?…ce n’est pas ce que disaient les guides et l’organisateur du tour, ni même le gars de l’hôtel à Aguas Calientes.

Nous nous réjouissons de notre petite paraisse du matin.

Nous arrivons sur le site du Machu Picchu à 7h.

Je suis très émue. Jacques aussi. Nous y sommes. Le Machu Picchu se déploie devant nous comme une carte aux trésors. La page est immense et le livre est resté ouvert.

Nous entrons dans ce cadre comme par magie.

Le soleil monte derrière la montagne telle une marée en Bretagne. Puis perce d’un rayon le sommet du Wayna Picchu avant d’atteindre celui d’un promontoire en pierre, le temple sacré du soleil et ses trois fenêtres ouvertes sur la vallée.

Nous sommes aux anges, ou bien morts. C’est exceptionnellement beau.

Je me cache derrière les murs aux blocs de pierre énormes, je croise un lama, puis un couple d’Indiens qui revient chargé de quinoa. Ils ne sont pas étonnés de me voir. Je leur fait signe de passer leur chemin comme s’ils ne m’avaient pas vu. Les gardiens rassemblent les derniers touristes vers la sortie puis disparaissent. Je suis soulagée.

Le Machu Picchu devient silencieux. Le vent fait danser les herbes hautes des moissons sous les battements des tailleurs de pierre. J’entends le tain chanter au fond de la vallée de l’Urubamba. Quelqu’un parle chinois…comment ?

Je me suis assoupie sur l’herbe des terrasses ensoleillées, face aux ruines, absolument divines.

Un petit groupe de japonais s’abreuvent des paroles du guide.

Un péruvien parle leur langue.

Je me suis assoupie.

Et je m’éveille au milieu de la cité perdue du Machu Picchu, un rêve.

Je laisse le livre ouvert derrière moi et je garde la page gravée dans ma mémoire.

 

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3 Commentaires to “Rêve au Machu Picchu”

  1. fanfan dit :

    Vraiment le Pérou m’enchante.
    Quel site encore le Machu Picchu : majestueux,splendide,rempli de souvenirs incas…..
    Quelle leçon de vie!!!

    A tous les 4 de très gros bisous et profitez bien des derniers jours

  2. Sandrine dit :

    Quel bel endroit pour rêver…
    A bientôt, vous nous raconterez tout ça en détail, lors d’une projection ?
    Bises à tous

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