Le jour dernier

 

Cusco, hôtel San Blas

CUSCO,

27 juin 2011

Dernier petit déjeuné.

Elle apporte quatre œufs au plat puis elle repart en courant pour s’occuper du bébé.

Elle doit le faire manger en même temps que nous. Elle assure le service et pourtant elle allaite. Elle n’a pas toujours le sourire, et pour cause, mais elle fait tout ce qu’elle peut. Je ne connais pas son nom. Nous l’avons vu chaque matin dans le patio à l’heure du petit déjeuné.

Il y a un buffet à disposition sur le bar. Elle veille à ce qu’il ne manque rien, puis vient vers nous et demande si nous souhaitons des œufs et comment nous les voulons.

Nous avons consommé quatre œufs au plat tous les matins et ce matin ce sont les derniers.

Aujourd’hui elle est un peu moins pressée, le bébé a du s’endormir, tout s’est bien réglé.

Son visage est détendu. Cela me fait plaisir.

Hotel an Blas, petit dèj', the last one.

Autour de la table nous essayons de plaisanter.

Charlotte se réjouit de cette dernière journée.

Arthur est encore partagé mais il sera bientôt dans la joie aussi.

Jacques est préoccupé par mes yeux qui commencent à briller.

Cette journée n’en est pas une.

Je prends soin de regarder autour de moi tout ce qui nous entoure comme si je pouvais en emporter des morceaux… les bouts de bois croisés dans le foyer qui fument encore, l’homme seul à côté de nous qui déjeune toujours avec son ordinateur, Walter à l’accueil,  penché sur son cahier des réservations. Il lève la tête et me sourit. Il sourit toujours. La femme de ménage traverse le patio avec entrain, une paire de linge de lit blanc dans les bras, et pose un joyeux « buenos dias ! » sur son courant d’air.

Walter

Je demande à Walter de bien vouloir poser avec nous sur la photo.

Il accepte bien volontiers.

Ils sont trois à se relayer derrière la banque de l’accueil, tantôt du matin, tantôt de nuit. Mais Walter est notre préféré,…c’est lui qui a reçu notre arrivée.

Il embrasse les enfants, me prend dans ses bras, offre une bonne poigné de main à Jacques, nous souhaite un bon retour chez nous. Il est heureux de notre rencontre.

C’est réciproque.

Walter s’en va. Il a fait la nuit. Il rentre chez lui.

Nous ne le reverrons pas.

Nos sacs sont bouclés, depuis la veille déjà.

Je fais un dernier tour dans les chambres, j’ouvre les tiroirs des tables de nuits dans celle des enfants, au cas où…Rien. Nous n’avons rien oublié. Juste laissée la veste d’Arthur, exprès…elle lui sera bientôt trop petite.

Trop petite, c’est ce que je crains. Peut-être que j’ai juste peur de me retrouver dans une vie trop petite, après ça, tout ça.

Six mois, c’est long et court à la fois. Suffisant. C’est bien avec des enfants.

Je n’ai jamais souffert de notre proximité durant tout ce temps, ni avec les enfants, ni avec Jacques. Nous sommes bien tous les quatre ensemble, que ce soit dans une cabine de train, dans un bus, une ou deux chambres d’hôtel, un camping-car,…

Madrid, 28juin2011

Un avion. Je n’aime pas prendre l’avion. Les enfants adorent !

Aujourd’hui ils vont être servis à souhait.

Nous en prenons trois : Cusco-Lima, Lima-Madrid et enfin Madrid-Marignane.

Le ballet des vols commence à 16h.

Nous avons commandé un taxi pour treize heures trente.

L’aéroport n’est pas loin.

L’aéroport n’est plus bien loin.

Nous avons encore un peu de temps pour flâner dans les ruelles et peut être compléter  nos petits achats. Ah oui, il manque une magnette pour mamy.

Voilà, la fête est finie. Les brochettes à un sol (environ 25 centimes d’euros) ont quittées la place. On n’entend plus la musique. Charlène et Géraldine sont loin. Nous ne les recroiserons plus dans les petits magasins. C’était marrant ça, de se retrouver systématiquement sans se chercher, sur les collines parmi la foule, sur la place en effervescence, dans les rues enfumées de grillades, en pleine négociation de hamac…

Elles ont pris le bus ce matin vers Ollantaytambo, Aguas Calientes et le Machu Picchu qu’elles visiteront demain. Nous attendrons la France pour recueillir leurs impressions sur ce site impressionnant.

Nous sommes retournés dans le restaurant où nous les avions invitées dernièrement.

Un endroit très agréable avec des tables en bois et une bonne bouteille de vin…Péruvien pour une fois. Le patron parle plusieurs langue et notamment le Français.

Nous sommes des clients fidèles. C’est la troisième fois que nous déjeunons ici.

Ce fût notre choix aussi pour un dernier repas au Pérou.

Et voilà, le remplaçant de Walter nous ouvre la chambre des consignes.

Nous sortons nos bagages, une dernière fois.

Nous avons un sac de plus, hi hi hi… mais qu’importe, c’es fini.

Et voilà, le taxi s‘avance. Nous chargeons.

Les rues pavées de Cusco passent lentement. Je n’entends plus les sons de la ville, je suis en apesanteur entre les couleurs qui défilent et les images dans ma mémoire au ralenti.

Tout le voyage repasse devant mes yeux avec des vues précises, dans le chalet du père noël, au Musée de l’Ermitage, devant les crêpes d’Ivegnya, nos fous rires avec Boris, les frayeurs sur le lac Baïkal, sur la muraille de Chine, sous les feux d’artifice à Pékin, les dauphins de Monkey Mia, les glaciers, les bains chauds  et le vin de Nouvelle Zélande, sur le lac Tebinquiche au Chili, le sourire de Victor, la gentillesse de Frédérico, le tour des villages typiques d’Argentine en voiture, les fabuleuses chutes d’Iguazu, cette drôle de vie sur les îles flottantes, le mystérieux Machu Picchu … Cusco, l’aéroport.

Nous y sommes.

Et la France, juste en face.

(A bientôt pour la suite…)

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Un commentaire to “Le jour dernier”

  1. christelle dit :

    émouvant réçit,…

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